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badge_sosad1Pendant les vacances d’été, on parle beaucoup de l’abandon des chiens sur les routes et de la surcharge soudaine des refuges. Dogfidelity a interrogé Isabelle Mac Callen, créatrice du refuge Sosad, sur la question de l’abandon et de l’utilité des refuges.

C’est quoi la particularité de Sosad ?

Je me suis rendue compte que les chiens recueillis en chenil étaient gérés par des personnes qui n’étaient pas formées reprendre en main leur éducation ou même les promener. Surtout lorsqu’ils sont gros et difficiles, les chiens sont livrés à leur sort et le refuge correspond donc à une sorte d’incarcération. En ce cas, l’adoption est plus compliquée et les chiens court le risque de finir à l’euthanasie. Nous nous sommes donc spécialisés dans ce type de chiens, dont nous corrigeons le comportement afin de faciliter l’adoption. Aucun autre refuge ne fait ça . Aujourd’hui on a une trentaine de chiens en tout : une vingtaine au refuge et une dizaine répartie en familles d’accueil. Le placement d’un chien coûte 200€, ce qui nous aide à faire vivre le refuge.

Quels sont les types d’abandon ?

Aujourd’hui, la part des abandons dit « sur le bas de la route » est très faible. Souvent, les chiens s’y retrouvent par leur faute, et comme beaucoup n’ont pas d’identification, il est difficile pour le maître de retrouver leur trace. Quand le chien arrive en fourrière, il est soit remis à une association, soit envoyé à l’euthanasie…

La plupart des abandons sont volontaires . En fait contrairement à ce que l’on pourrait penser, les abandons arrivent souvent pour de bonnes raisons : le chien est craintif, se sauve, grogne. La cause n’est donc pas la maltraitance, mais l’ignorance du maître, qui, dépassé, vient confier son chien à un refuge. En termes de résultats sur le chien, la négligence ou le manque de temps peuvent être pire que de la maltraitance et provoquer de forts problèmes comportementaux. L’éducation est primordiale : l’amour ça ne suffit pas !

Et pour aller contre une idée faussement répandue : le fort taux d’abandons lié aux grandes vacances est un mythe : des abandons, il y en a tout le temps !

Comment travaillez-vous avec les chiens ?

Nous utilisons la méthode naturelle, basée sur la manière dont fonctionne l’animal, sur ses motivations réelles dans une situation donnée : la nourriture, le jeu. C’est pourquoi les utilisateurs de la méthode sont d’abord des observateurs afin de comprendre l’instinct animal et ce dont les chiens ont exactement besoin. On apprend à « parler chien » !

Quand un chien arrive, qu’est-ce que vous faite ?

On commence par évaluer le chien : est-il sociable avec l’homme et avec ses congénères ? Si ce n’est pas le cas, le travail est très différent : il faut qu’il commence par apprendre avec les autres. Pour cela, on le met en relation avec un chien régulateur particulièrement bien dans sa peau, qui va lui apprendre les codes canins.

Puis, s’il n’a pas de bases d’éducation, on commence l’apprentissage. Cela demande environ 3 jours en chenil, par séances de 10 minutes, toujours au moment de la gamelle. On la met au-dessus de sa tête pour le faire asseoir, puis par terre afin qu’il apprenne à se coucher, etc.

Quel est le profil type des personnes qui viennent adopter vos chiens ?

Il n’y a pas de profil type. Mais malheureusement, il y a un comportement assez similaire chez beaucoup de personnes : elles viennent chercher le chien comme un bien de consommation, parce qu’elles ne veulent pas payer trop cher un chien en élevage. Souvent, elles n’ont aucune notion d’éducation canine ! Certains chiens ne partent pas : les nordiques par exemple qui sont des chiens primitifs : ils ne sont pas faits pour tout le monde (ils ont une forte notion de hiérarchie entre les chiens). Dans ce cas ils restent avec nous jusqu’à ce qu’il trouve un nouveau maître.

Mais alors vous ne prenez jamais de vacances ?

Jamais ! Je n’aime pas les vacances. Mes poses, c’est les ballades et les randonnées le week-end avec les chiens !

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