• 738
  •  
  •  
  •  
  •  
    738
    Shares

cancer chien 2La question du dépistage du cancer est plus que jamais d’actualité. Et les chiens, en particulier leur truffe, sont de plus en plus étudiés par la cancérologie : grâce à leur odorat, ils pourraient détecter de nombreux cancers… Alors le meilleur ami de l’homme serait-il capable de lui sauver la vie ?

Les premières études concernant le dépistage canin des cancers remontent à 1989 : les médecins du King’s College Hospital de Londres évoquaient alors l’étonnante histoire d’une dame dont le chien venait sentir avec insistance un grain de beauté qu’elle avait à la jambe. Son étonnement face à tant d’insistance se transforma en inquiétude, si bien qu’elle finit par aller consulter. On lui diagnostiqua alors une tumeur maline au stade précoce. Les « soupçons » de son chien étaient confirmés.

Depuis, la cancérologie s’intéresse de plus en plus à ce qui a longtemps été perçu comme un mystère et qui, pourtant, s’explique scientifiquement. En effet, les truffes des chiens sont dotées de plus de 200 millions de capteurs olfactifs. A titre de comparaison, l’homme en possède moins d’une dizaine de millions. De plus, les chiens disposent d’un organe sensoriel, appelé organe de Jacobson (qui se situe entre la truffe et la mâchoire), que nous n’avons pas. L’ensemble leur permet d’avoir un flair 10 000 à 100 000 fois plus développé que le nôtre. C’est grâce à leur superpouvoir olfactif que les chiens ont donc la faculté de « sentir » les cancers. Car oui, les cancers ont bien une odeur : celle-ci est due à la présence en quantité variable de molécules odorantes appelées « composés organiques volatils », que l’on retrouve notamment dans le sang, l’haleine, la sueur, ou encore l’urine.

Du scepticisme scientifique à l’enthousiasme
cancer chien

Ce n’est donc pas une coïncidence si au cours de ces dernières années, on a vu se multiplier sur le web des histoires de chiens ayant dépisté le cancer de leur maître avant la médecine. En 2011 déjà, une expérience réalisée dans l’armée française démontrait qu’un berger malinois était parvenu à détecter 30 malades sur 33 d’après leurs échantillons d’urine. Menée par le Pr Olivier Cussenot, directeur du Groupe de Recherches Cliniques et chef de service d’urologie à l’hôpital Tenon, elle s’est déroulée en trois étapes : le malinois a d’abord dû trouver sa balle pour pouvoir jouer avec. Puis, la balle a été remplacée par un tissu imbibé de l’urine d’un homme atteint du cancer de la prostate. Enfin, le chien a appris à retrouver parmi plusieurs tissus imbibés d’urine celui qui provenait d’un malade atteint du cancer de la prostate, et obtenait alors sa récompense.

En 2014, une étude de l’Instituto Clinico Humanitas de Milan portée sur 902 patients montrait également que des chiens renifleurs s’étaient révélés plus efficaces à détecter des cancers de la prostate que le test PSA de référence. Les canidés avaient trouvé une tumeur dans 98% des cas !

Le dernier exemple en date a été présenté le 6 mars 2015 lors du Congrès annuel de la Société américaine d’endocrinologie. Frankie, un chien renifleur dressé, a réussi à diagnostiquer le cancer de la thyroïde dans 90% des cas qui lui ont été présentés. Mieux encore, ce chien a été capable de distinguer les personnes atteintes de nodules bénins de celles souffrant d’un cancer, avec une fiabilité de 88%, en flairant leur urine. « Nous avons examiné cela avec scepticisme, d’un point de vue scientifique, mais les données recueillies n’ont fait que valider le fait que les chiens présentent un potentiel clinique remarquable », explique Arny Ferrando, l’un des auteurs de l’étude, dans un communiqué.

Pour quelles perspectives ? médecin chien

Ces expériences portées sur la capacité qu’ont les chiens à dépister les cancers ouvrent de belles perspectives : les résultats poussent les chercheurs à croire que les canidés dressés pourraient aider les médecins au diagnostic.

D’autant plus que cette méthode canine présenterait des avantages pour les patients : elle est non-invasive, et permet un dépistage précoce. Grâce à l’odorat des chiens, certaines tumeurs profondes ont en effet été détectées très tôt, bien avant l’apparition des symptômes qui auraient conduits la personne à consulter. Dans ce type de cas, le cancer aurait alors été diagnostiqué à un stade beaucoup plus avancé.

De plus, l’Association française d’Urologie note que « les progrès les plus notables viennent des travaux ayant attrait au cancer du poumon, pathologie dans laquelle il n’existe pas de test de dépistage rentable comme les PSA, et dont le pronostic est encore sévère ».

Ces avancées ont poussé certains pays à créer leurs propres sociétés d’entraînement de chiens renifleurs, à l’instar de Claire Guest, fondatrice de l’association britannique Medical Detection Dogs. Sa chienne labrador Daisy a flairé son cancer du sein lorsqu’elle avait 45 ans. Depuis, elle a lancé un programme de formation de chiens renifleurs, et est à la tête d’une étude censée démontrer que les chiens sont bel et bien capables de distinguer l’odeur du cancer parmi d’autres effluves très proches. De même, aux Etats-Unis, il existe une fondation, InSitu Foundation, qui a créé le premier protocole médical de sélection et d’entrainement de chiens dits « de détection ». En douze ans, cinquante chiens ont bénéficié de ce programme.

Néanmoins, l’utilité de ces chiens a ses limites : leur dressage prend du temps et le nombre d’exercices quotidiens est restreint. En outre, les capacités olfactives de l’animal peuvent varier en fonction de son âge et de son régime alimentaire.

Des recherches parallèles se tournent aujourd’hui vers une autre méthode : celle de la conception de « kits de détection » qui devraient permettre des tests non invasifs de dépistage du cancer grâce à une détection d’odeur dans les urines. Ce dispositif, inspiré du flairage des chiens, pourrait permettre aux scientifiques de voir encore plus loin que le bout du nez canin…

Dogfidelity Logo Article

Commenter sur dogfidelity.com Commenter sur dogfidelity.com
  • 738
  •  
  •  
  •