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PORTRAIT DE YOLAINE DE LA BIGNE

Difficile de résumer votre parcours en quelques lignes Yolaine de la Bigne : vous êtes journaliste de formation, vous avez collaboré pour les plus prestigieux médias en presse quotidienne nationale mais vous semblez plus que tout apprécier le monde des ondes puisque vous avez été chroniqueuse pour France Inter, RTL, France Info et plus récemment chroniqueuse dans La Matinale d’Europe 1.

Vous êtes une femme d’actions, de convictions et de passions. Votre curiosité et votre soif d’apprendre vous invite à la découverte, toujours en quête de connaissances, prête à vous lancer dans de nouvelles aventures pourvues qu’elles aient un sens et à faire partager vos découvertes.

Mais vous êtes avant tout une amoureuse de la nature et des animaux. Votre rencontre avec Nicolas Hulot lors de votre collaboration sur Ushuaia a changé votre regard sur la vie, notre existence, sur l’urgence environnementale et les méfaits de l’homme sur notre belle planète.

Femme engagée, vous êtes à l’initiative de nombreuses manifestions pour sensibiliser l’opinion publique à notre environnement mais toujours de manière positive, avec une bonne dose de bonne humeur et d’humour.

Vous fondez en 2007 l’agence de presse Kel Epok Epik, le magazine gratuit Néoplanète dédié à l’environnement puis le site www.neoplanete.fr en 2008 et la webradio Neoplanète (2009) diffusant chaque jour des informations liées au développement durable, des news conso, des vidéos, des reportages, des chroniques avec des interviews de personnalités engagées pour la planète.

« Si l’homme ne protège pas les animaux et sa biodiversité, nous ne survivrons pas. Regardez, les baleines, si l’homme continue dans cette direction, il n’y en aura plus dans dix ans… L’animal est l’avenir de l’homme. Respecter l’animal, c’est se respecter soi-même ».

Dogfidelity : Yolaine de la Bigne, d’où vous vient cette passion pour la nature et pour les animaux en général ?

Ma passion pour la nature a toujours été plus ou moins omniprésente dans ma vie. Je crois qu’il y a des périodes dans la vie, lorsque l’on est enfant, on adore la nature. Adolescent on préfère être avec les autres, on a besoin d’eux, on aime sortir, on aime le béton. L’amour pour la nature revient par la suite, donc pour moi aujourd’hui la nature est essentielle. J’ai besoin de ce silence que l’on ne trouve pas en ville, des odeurs de la nature, la différence est d’ailleurs frappante entre la ville et la campagne..

La richesse que me procure la nature est fabuleuse. La ville me fatigue beaucoup aujourd’hui.

Quand à ma passion pour les animaux, elle est intrinsèque. Comme la plupart des enfants, j’ai toujours été fascinée par eux. Même si ce n’est pas de circonstance, mon plus beau cadeau de Noël lorsque j’étais enfants fut un petit Caniche. Par ailleurs, j’ai toujours rêvé de travailler avec les animaux notamment avec les chevaux, ma grande passion, mais à mon grand regret, ça n’a pas été possible car ma vue n’était pas suffisamment bonne.

Dogfidelity : Avez-vous toujours eu des animaux dans votre vie et plus particulièrement des chiens ?

Oui, j’ai toujours eu des animaux dans ma vie. L’animal est pour moi, une condition nécessaire pour rester en lien avec la nature et avec notre propre nature.

L’animal est d’une tendresse inouïe, d’un amour sans réserve et d’une générosité incroyable … il est souvent très drôle également. Toutes ces qualités ont ne les retrouvent pas forcément chez les humains. Pour moi psychologiquement, vivre sans animal, c’est vraiment très difficile. D’ailleurs, je trouve assez étrange, les gens déclarant ne pas aimer les animaux…

Dogfidelity : Vous êtes la propriétaire de deux Bergers Belges, qu’est ce qui vous plait dans cette race de chien ?

J’aime beaucoup les chiens, les grands chiens me passionnent particulièrement. J’ai eu des Beaucerons, des Bergers Allemands. J’ai une propriété située sur un immense terrain qui n’est pas clos, Par le passé, j’ai eu de nombreux problèmes avec mes chiens qui fuguaient. Il s’agissait de chiens de grande taille, les gens alentours ne sont plus habitués aux gros chiens et je comprenais leur appréhension, leur crainte, J’avais donc régulièrement les gendarmes à la maison, bref ….la situation était compliquée. J’ai par la suite découvert, un peu par hasard, les Bergers Belges. Le Berger est un chien extrêmement protecteur, comme une mère qui surveille ses petits. Il protège son troupeau. De plus, le Berger Belge ne quitte jamais son maître et lorsque je pars mes deux Bergers Belges ne quittent jamais la propriété. Ce sont en plus, des chiens extrêmement sécurisant, surtout lorsque l’ont est isolés, comme nous le sommes. C’est vraiment l’idéal pour ce genre de configuration et je ne prendrai plus que des Bergers Belges. Ce sont de vrais gardiens sans être agressifs, ils sont vraiment beaux.

J’ai à mes cotés une vielle Tervuren, mon angoisse c’est qu’elle ne vive pas encore très longtemps. C’est une chienne de la SPA, comme tous mes chiens d’ailleurs, qui a été, je pense abandonnée à l’âge de deux ans. C’est un amour de chienne qui vous regarde avec des yeux éperdus d’amour.

Le second est un Groenendael noir donc. Je l’ai également adopté à la SPA très jeune, à trois mois. Il a le caractère d’un chat. Il est délicat lorsqu’on lui donne à manger, il se contorsionne lorsqu’il se fait caresser. Il a une espèce de sensibilité féline, je n’ai jamais vu cela, je me demande d’ailleurs, si cela n’est pas lié à sa castration.

C’est un chien qui n’a pas de défaut. Et je le dis régulièrement, les chiens abandonnés sont souvent des chiens exceptionnels. Le type qui abandonné ce chien, n’a pas compris qu’il abandonnait un trésor !

Dogfidelity : Comment s’appellent vos chiens et quels adjectifs vous viennent spontanément à l’esprit lorsque vous pensez à chacun d’entre eux ?

La Tervuren s’appelle Leïla et mon Groenendael se nomme Harry.

Coté adjectifs, ceux qui me viennent spontanément : générosité, joie de vivre, partage, beauté, et ce sont mes amis !

Dogfidelity : Que vous apportent vos chiens au quotidien ?

Ils m’apportent tellement de choses. Ils me comprennent, ils m’aiment, ils me rassurent et m’apportent beaucoup de joies. Lorsque je pars en balade à cheval, Harry est à mes cotés, j’adore ces moments privilégiés.

Psychologiquement, je ne sais vraiment pas comment les gens font sans animaux. Lorsque j’ai un coup de cafard, mon chien est là, c’est vraiment vital.

D’ailleurs ma grande tristesse est de ne pas pouvoir les emmener avec moi en déplacement Ils me regardent avec des yeux débordants de tristesse, du coup je ne les regarde pas, sinon j’en deviens malade.

Dogfidelity : Conflits mondiaux, crises économiques, attentats, tous ces facteurs anxiogènes ont tendance à créer un climat de défiance et à estamper la communication entre individus. Pensez-vous que nos amis les chiens ont plus que jamais leur place dans notre société, notamment dans les grandes métropoles ?

Oui, mais je pense surtout que l’animal est la grande victime de notre époque, je ne parle pas du chien en particulier mais des animaux en général qui vivent sur notre planète.

D’un point de vue scientifique, il a été démontré que l’animal est essentiel à la sauvegarde de la biodiversité et donc des problèmes de climat. Les animaux sont donc essentiels d’un point de vue psychologique, une société sans animaux est impossible. C’est comme si on avait une société sans enfant, le jour où vous n’avez plus que des vieux, c’est affreux. Et bien pour les animaux c’est pareil, une société sans animaux, c’est affreux.

Le chien est particulièrement nécessaire dans notre société dans différents domaines notamment pour créer du lien social, je pense aux malades, aux personnes âgées dans les hôpitaux, l’handicap, etc.. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’en août dernier, j’ai organisé La 1ère Université d’Eté de l’Animal avec la participation de scientifiques, éthologues, … afin de prouver aux gens que l’animal est intelligent contrairement à ce que l’on pense et que nous ne sommes pas suffisamment intelligents pour vivre seuls sur cette terre.

Dogfidelity : Sur votre web radio http://www.neoplanete.fr/animaux vous défendez régulièrement la cause animale, notamment celle de nos fidèles compagnons. Récemment, vous avez relayé la campagne contre l’abandon de 30 Millions d’Amis et avez pointé du doigt un cauchemar grandeur nature, ce pseudo « festival » surréaliste de Yulin en Chine où près de 40.000 chiens sont torturés et mangés en l’espace d’une semaine … Cette année une ONG et de nombreuses personnalités à dimension internationale telles que Matt Damon ont pris position et sont intervenues pour alerter l’opinion mais également faire pression auprès des instances concernées.

A votre avis, que faudrait-il faire de plus pour enrayer définitivement cette tragédie ?

Je pense qu’il faut alerter l’opinion, je pense que les Associations de défense animale sont cruciales et puis nos dirigeants ont aussi leur part de responsabilité dans la protection de notre environnement et celle des animaux. Ils parlent trop souvent des animaux comme d’un objet. Tout passe par l’éducation, c’est primordial. Les parents sont les premiers responsables, lorsque vous éduquez vos enfants en leur expliquant qu’un animal peut lui aussi souffrir et interdire à ses enfants de maltraiter un animal, ne serait-ce qu’une mouche.

Une étude américaine a d’ailleurs dévoilé que les serials killers sont souvent des personnes qui enfants maltraitaient les animaux sans que les parents n’interviennent. La preuve que tout se joue dans l’éducation.

Dogfidelity : Que pensez-vous de cette citation « Plus je connais les hommes, plus j’admire les chiens » ?

Oui et non mais j’avoue que la tentation d’être en accord avec cette citation est grande, Il faut donc beaucoup lutter. L’être humain reste un grand prédateur et nous sommes aussi comme cela entre humains. Nous sommes tout de même la seule race à faire souffrir nos congénères….Mais je persiste à croire qu’il y a du bon chez l’homme, comme de temps en temps il y a du mauvais chez l’animal, mais c’est déjà beaucoup plus rare !. Mais il est vrai que dans l’ensemble, leurs côtés : protecteur, aimant et fidèle nous invitent à les préférer aux hommes….

Dogfidelity : Pensez-vous que les chiens ont une âme et sont empreints de sagesse pour laquelle l’homme ferait bien de s’inspirer ?

Je ne dirais pas une âme, car la connotation est trop religieuse. En revanche, qu’ils aient du caractère, une sagesse et de l’intelligence, ca c’est certain. Une intelligence qui nous échappe, qu’on ne comprend pas. Une chose qui me passionne c’est la communication entre les espèces. Les humains sont tellement prétentieux, qu’ils disent souvent d’un homme qu’il est intelligent, en revanche d’un chien on dira qu’il a de l’instinct… Je considère que mes chiens savent des choses que je ne sais pas. Pour moi, l’animal est très intelligent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai créé la 1ère Université d’Eté de l’Intelligence animale ».

Dogfidelity : Vous avez organisé les 27 et 28 août derniers « L’Université d’été de l’intelligence animale » au château de La Bourbansais est l’un des plus jolis châteaux de Bretagne dont le parc animalier abrite félins, loups, singes ou oiseaux. Quels sont les objectifs de cette manifestation ouverte au public ?

Il y a plusieurs objectifs. Le premier est de créer un réseau, au même titre que n’importe quel réseau qui porte sur « L’intelligence animale ».

L’idée émane de mes différentes interviews de spécialistes pour Néoplanète sur la problématique de l’extinction des espèces animales et sur la probabilité que les espèces disparaissent, la réponse des intervenants est toujours la même : « Non, c’est l’homme qui va disparaître. L’animal est beaucoup plus résiliant, l’animal est capable de s’adapter rapidement en revanche la capacité d’adaptation de l’homme est beaucoup plus longue ».

La preuve avec « Tchernobyle » où vivent des renards, des ours, des chevaux qui ont été réintroduit, tous les animaux sont en pleine forme alors que l’humain ne survivrait pas au taux de radioactivité encore très présent. Les animaux s’en sortent parce qu’ils sont intelligents.

Si l’animal ne vit pas nous ne survivrons pas. L’animal est l’avenir de l’homme. Respecter l’animal c’est se respecter soi même.

Le second objectif est de faire venir des scientifiques et spécialistes éclairés. Le but est d’obtenir des écrits qui restent et qui soient rendus publiques, que cela provoque des débats. Pourquoi pas avec ce réseau accéder à la Commission Européenne pour porter des réflexions et mettre en place une législation stricte sur la protection animale. Regardez, les baleines si l’homme continue, il n’y en aura plus dans dix ans.

De ces universités sortiront des émissions diffusées sur www.lanimaletlhomme.fr, des livres (le premier sort chez Larousse au printemps).

D’ailleurs, c’est un sujet dans l’air du temps : Frans de Waal sort un livre le 5 octobre prochain intitulé « Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l’intelligence des animaux ? ».

 Dogfidelity : Quel regard portez-vous sur notre société ?

D’un coté, je porte un regard très pessimiste sur l’humain qui gâche tout. On a une faculté d’abîmer les choses et en même temps, je pense qu’il faut garder un regard assez tendre sur notre société, l’air de rien, les mentalités ont aussi évolué dans le bon sens depuis cinquante ans.

Exemple avec les espagnols, leur mentalité change … ce sont les premiers aujourd’hui à vouloir abolir la corrida, à vouloir protéger les Galgos, ces chiens martyrs. Il y a un parti politique « Le Pacma » qui milite contre la maltraitance animale et qui a remporté 1,19% des voix aux dernières élections législatives espagnols. En France, un tout nouveau parti s’est créé en ce sens, le Pacte, donc ça bouge !

D’autres exemples, à l’époque lorsque je déclarais être végétarienne, j’étais obligée de me cacher car les gens trouvaient cela ridicule, limite on m’agressait. Aujourd’hui, les gens auraient plutôt tendance à me féliciter.

Tous les participants à L’Université d’Eté de l’intelligence animale sont passionnés par le sujet, j’aurais créé cela il y a dix ans, l’adhésion aurait été différente.

Le regard de notre société évolue donc dans le bon sens, sous couvert d’une certaine sensibilité, ce qui est assez extraordinaire.

Nous vivons dans une société à la fois dure et tendre avec beaucoup d’émotion.

Lorsque vous épluchez les chiffres, vous vous rendez compte qu’il y a moins de guerres qu’auparavant, malgré tout ce que nous subissons actuellement.

Dogfidelity : A l’ère du tout numérique, pensez-vous que l’homme doit de tout urgence de reconnecter à la nature, à son environnement, à cette terre nourricière ?

Oui, c’est crucial, sinon l’homme va disparaitre. La nature est essentielle à l’homme.

Dogfidelity : Vous considérez vous passionnée par l’espèce canine ?

Non, je suis passionnée par les animaux en général. Mais je suis très proche de nos amis les canidés, leur présence m’est vraiment vitale.

Retrouvez toute l’actualité de Yolaine de la Bigne sur

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